J’ai écouté avec intérêt l’émission proposée par mon ami Pierre Richard Guillaume dans son émission BLOCUS.
Ses invités, deux jeunes , qui avec toute leur bonne foi ont démontré qu’ils pouvaient faire partie d’une équipe gouvernementale sérieuse quand le pays décidera de finir avec la gabegie politique.
Comme le programme s’adresse à toutes les strates et à tous les secteurs de la société, je m’appuie sur la philosophie, la politique et la Bible pour étayer ma thèse .
1. La pauvreté : un échec de gouvernance avant d’être un échec individuel
Dans toute société, la pauvreté n’est jamais seulement le résultat de circonstances personnelles.
Elle est le signe d’un dysfonctionnement structurel, d’une gouvernance qui n’a pas su protéger les plus vulnérables.
Philosophiquement :
→ Une nation se juge à la manière dont elle traite ceux qui peinent.
Politiquement :
→ Une gouvernance qui laisse s’installer la mendicité institutionnalise l’injustice.
La pauvreté n’est pas un accident :
c’est le produit d’un système qui a cessé de redistribuer équitablement les ressources.
2. La mendicité : symptôme d’un État affaibli.
La mendicité individuelle est le signe visible d’un État qui a perdu sa capacité à garantir :
• un revenu minimum décent,
• des services publics fonctionnels,
• une économie inclusive,
• une protection sociale efficace.
Lorsque les citoyens doivent mendier pour survivre, ce n’est pas eux qui ont échoué :
c’est la structure qui devait les soutenir.
Mettre fin à la mendicité, c’est donc réparer l’État, pas punir les pauvres.
3. Exiger des comptes :
La responsabilité politique comme fondement démocratique
Dans une démocratie, les dirigeants ne sont pas des figures sacrées :
ils sont des gestionnaires de biens publics.
Exiger des comptes n’est pas un acte de rébellion :
c’est un acte de citoyenneté.
Philosophiquement :
→ Le pouvoir sans reddition devient abus.
Politiquement :
→ Le pouvoir sans transparence devient corruption.
Demander des comptes, c’est rappeler que les ressources du pays ne sont pas la propriété des gouvernants, mais un dépôt confié par le peuple.
4. Placer la pauvreté au centre de l’agenda national
La pauvreté doit devenir la priorité absolue du développement national.
Non pas un slogan, mais un axe structurant des politiques publiques.
Cela implique :
• une fiscalité juste,
• des investissements dans l’éducation et la santé,
• des infrastructures qui créent des emplois,
• une lutte réelle contre la corruption,
• une redistribution équitable des richesses.
Philosophiquement :
→ Une nation qui ignore ses pauvres se condamne à l’instabilité.
Politiquement :
→ Une gouvernance qui néglige la pauvreté perd sa légitimité.
5. La dimension morale : respecter le Créateur en respectant les ressources
Je le dis avec force :
Mal gérer les richesses d’un pays, c’est manquer de respect envers le Créateur.
Dans une perspective socio‑politique, cela signifie :
• que les ressources naturelles sont un patrimoine sacré,
• que leur mauvaise gestion est une faute morale,
• que l’abondance doit être transformée en prospérité collective,
• que la gouvernance doit refléter la dignité de la création.
Une nation qui gaspille ses richesses trahit son potentiel.
Une nation qui les distribue équitablement honore le Créateur et son peuple.
6. En résumé .
Nous devons remonter à la racine du problème :
mettre fin à la mendicité individuelle,
exiger des comptes de nos responsables politiques,
et placer la pauvreté au centre de l’agenda national.
Car mal gérer les richesses que le Créateur a déposées dans ce pays, c’est manquer de respect envers Lui et envers nous-mêmes.
Une gouvernance juste élève une nation ; une gouvernance négligente la condamne.
Les campagnes GoFundMe sur lesquelles ces jeunes dépendent pour essayer de faire la différence qui ne sera que palliatif, car elles ne résoudront jamais le problème ; elles ne feront qu’encourager les dirigeants irresponsables dans leur mauvaise gestion. C’est par scrupule qu’ils n’intègrent pas encore ces contributions au budget national annuel.
Nous avons déjà les commissions prélevés sur les transfers , qui attendent encore d’être justifiées.
Les organisations religieuses pullulent et font leurs beurres sur la pauvreté du peuple.
Alors, cessons de passer à côté du problème qui nous regarde droit dans les yeux.