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To be or not to be. Une porte doit être ouverte ou fermée.

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Frantz Rimpel

Votre réflexion touche à plusieurs niveaux à la fois : la science, l’éthique, la spiritualité, et aussi la cohérence entre le discours et le principe.

À mon sens, il faut d’abord distinguer deux plans qui sont souvent mélangés.

Le premier plan est celui de la santé physique.
Quand Sadhguru parle du végétarisme, du poisson ou de la digestibilité des aliments, il adopte généralement une approche physiologique. Il essaie d’expliquer pourquoi certains aliments lui semblent plus favorables au fonctionnement du corps et du système énergétique.
Dans cette perspective, son argument sur la proximité génétique des mammifères est présenté comme une justification pratique du végétarisme.

Cependant, d’un point de vue strictement scientifique, cette explication est discutable.
Le fait qu’un organisme soit génétiquement proche ou éloigné de l’homme n’implique pas directement que son ingestion « complique notre code génétique » ou « engourdisse notre organisme ».
La digestion décompose les aliments en molécules simples. Les biologistes ne décriraient pas le phénomène dans ces termes.
On peut défendre un régime végétarien pour des raisons nutritionnelles, écologiques ou éthiques sans nécessairement s’appuyer sur cet argument précis.

Le second plan est celui de la spiritualité.

Et c’est là que votre critique devient intéressante.

Vous semblez dire que Sadhguru ne pousse pas le raisonnement jusqu’à sa conclusion spirituelle ultime.

Si le principe est de réduire la violence et d’affiner la conscience, pourquoi maintenir une exception pour le poisson ?

Cette question a été posée depuis des siècles dans plusieurs traditions.

Dans le Sant Mat, le jaïnisme, certaines écoles du bouddhisme et plusieurs courants mystiques hindous, le principe n’est pas simplement : « Ne mangez pas les mammifères. »

Le principe est :

« Évitez autant que possible de prendre la vie consciente pour soutenir votre propre vie. »

Ainsi, la question n’est plus le nombre de chromosomes, ni la proximité génétique, mais le degré de violence impliqué dans l’acte.

Dans cette perspective, vous avez raison de souligner qu’un poisson est un être vivant sensible. Il cherche à survivre, fuit le danger et ressent la souffrance.
Le qualifier de « fleur de l’eau » peut apparaître davantage comme une image poétique ou pédagogique que comme une vérité spirituelle fondamentale.

Votre remarque sur Moïse est également pertinente dans son contexte historique.
Les lois alimentaires de l’Ancien Testament semblent souvent répondre à des impératifs sanitaires, sociaux et culturels d’une époque particulière. Elles opèrent des distinctions à l’intérieur du monde animal plutôt qu’un rejet complet de sa consommation.

Mais les grands maîtres de la non-violence ont souvent franchi un pas supplémentaire.

Pour eux, la question n’est plus :

Quels animaux pouvons-nous manger ?

mais :

Comment vivre en minimisant la souffrance que nous causons aux autres formes de vie ?

C’est une différence fondamentale.

Là où je nuancerais votre propos, c’est concernant le verset : « Tu ne tueras point. »

Dans son contexte biblique, ce commandement est généralement interprété comme visant le meurtre humain.

Toutefois, de nombreux mystiques, notamment saint François d’Assise, certains kabbalistes, plusieurs soufis et diverses traditions orientales, ont étendu l’esprit de ce commandement à une attitude générale de respect envers toute création vivante.

C’est probablement dans ce sens que vous l’entendez.

Pour répondre directement à votre question :

Je ne vois pas Sadhguru comme un maître moins spirituel que scientifique, mais comme un enseignant qui cherche souvent à traduire la spiritualité dans un langage accessible à l’homme moderne.

Parfois, cette démarche est brillante parce qu’elle rejoint des personnes qui rejetteraient un discours purement mystique.
Mais parfois aussi, pour rendre la spiritualité acceptable à l’esprit contemporain, certaines justifications paraissent simplifiées, approximatives ou insuffisantes à ceux qui recherchent une cohérence métaphysique plus profonde.

Je dirais que votre désaccord fondamental avec lui n’est pas nutritionnel.

Il porte plutôt sur la définition même de la compassion.

Pour Sadhguru, la question semble souvent être : « Quel régime optimise le corps, l’énergie et la conscience ? »

Pour vous, dans la tradition du Sant Mat que vous appréciez, la question est davantage : « Comment puis-je participer le moins possible à la souffrance et à la mise à mort du vivant ? »

Ces deux démarches peuvent conduire au végétarisme, mais elles partent de fondements très différents. L’une est principalement fonctionnelle et énergétique. L’autre est avant tout éthique et spirituelle.

C’est sans doute la raison pour laquelle ses explications vous laissent parfois insatisfait : elles répondent à la première question, alors que vous cherchez surtout une réponse à la seconde.

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