Mon livre sur L’autisme en toute simplicité

Et c’est ainsi que ce livre a trouvé son chemin jusqu’à l’autisme.

Toutes ces années à côtoyer des êtres au seuil de leur propre conscience — mon épouse suspendue entre deux rives, ce vieil homme perdu dans le brouillard de lui-même, et moi-même à ma propre limite — m’avaient préparé à untype de rencontre particulière. Pas une rencontre clinique. Pas une rencontre théorique. Une rencontre de l’être à l’être, dans ce territoire précis où les certitudes de la communication habituelle s’effacent et où il faut apprendre à percevoir autrement.

Elle fait référence aux différents textes que j’ai écrit en complément à mon livre.

L’autisme — tel que je l’ai rencontré, tel que je l’ai lentement appris à approcher — n’est pas ce que les catégorisations habituelles en font. Ce n’est pas un manque. Ce n’est pas une défaillance à corriger, une norme à atteindre, un retard à combler. C’est une forme d’existence qui vibre sur une fréquence différente. Une intériorité immense dans un monde qui ne sait pas l’accueillir. Ayant moi-même été au seuil, ayant vu d’autres êtres se tenir à ce bord où la conscience ordinaire vacille, j’ai reconnu dans l’autisme quelque chose qui m’était devenu familier : une présence d’une nature particulière, que les instruments habituels de la compréhension ne captent pas, et que seuls ceux qui ont appris à faire suffisamment silence peuvent commencer à entendre.

Ce n’est pas un livre qui prétend tout expliquer. Ce serait mentir à ceux qui le lisent. L’autisme n’est pas une énigme à résoudre — c’est un mystère à habiter, à côtoyer avec respect, à traverser avec une attention qui ressemble davantage à de l’amour qu’à de la science. Ce livre est né dans ce silence que j’ai appris, à grand-peine, à tenir. Et il vous est offert depuis ce silence-là.

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À vous qui ouvrez ces pages, je ne vous demande pas de tout croire. Je ne vous demande pas d’être d’accord. Je vous demande seulement d’entrer — non avec vos certitudes, qui sont vos armures et qui vous protègent, mais avec ce que vous avez de plus exposé en vous : votre capacité à être touché. Ce livre n’est pas une réponse. C’est une question posée avec amour, à ceux qui ont le courage de ne pas fuir l’incertitude. Si quelque chose en vous répond à quelque chose en ces pages, alors le livre aura accompli ce pour quoi il a été écrit. Ce sera suffisant. Cela aura été, en fait, tout.

Ce prologue a été écrit dans la continuité directe du premier livre, mais il s’en distingue par sa nature : il n’introduit pas un sujet, il pose une présence. Tout ce qui suit dans ces pages est né d’une conviction que les épreuves traversées n’appartiennent pas qu’à moi — elles appartiennent à quiconque a un jour tenu la main de quelqu’un qui se perdait, ou senti sa propre existence vaciller sur son axe. Ce livre est pour eux. Il est pour vous.

Frantz Rimpel 

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1 commentaire

  1. Il y avait ce grand musicien nommé Émile Volel — dont je garde un souvenir précieux — qui était devenu un ami.
    C’était un artiste « homme-orchestre ».
    Ce gentleman avait acheté un clavier Yamaha auprès chez Raoul Denis le représentant de cette marque en Haïti. Or, trois ans après qu’il eut commencé à l’utiliser, des modèles plus récents et plus perfectionnés étaient apparus sur le marché.
    Remarquant que j’étais un admirateur — et que j’appréciais sincèrement sa musique — et comme il me laissait de temps à autre m’exercer sur son instrument, il me proposa de me revendre ce modèle plus ancien. Je le lui rachetai pour 800 dollars. Il avait besoin de cette somme pour financer l’acquisition d’un autre clavier — un modèle coûtant 5 000 dollars. Le nouveau clavier offrait des sonorités extraordinaires dont l’ancien en était dépourvu — à une exception près. L’ancien modèle comportait une banque de sons incluant le trombone et l’harmonica ; bien que le nouveau proposât techniquement ces mêmes options, celles-ci sonnaient si artificiellement qu’elles lui parurent totalement factices. Pourtant, il adorait s’accompagner au trombone et à l’harmonica sur la quasi-totalité de ses chansons. Par conséquent, presque chaque week-end — et chaque fois qu’il avait une soirée dansante à animer — il m’appelait pour me demander s’il pouvait m’emprunter mon clavier. Il le voulait que pour pouvoir jouer ces sonorités spécifiques de trombone et d’harmonica, qui sonnaient presque comme naturel.

    La situation en arriva à un point où j’avais l’impression d’avoir souscrit un abonnement permanent à son service.
    Pour plaisanter, un jour, je lui dis : « Mon cher ami, tu devrais vraiment me verser une commission sur chaque soirée dansante que tu animes !
    Car il me faisait travailler , en me faisant transporter le clavier qui pesait. ! »

    Pourquoi je fais cette parallèle avec l’Intelligence Artificielle ?

    Pour montrer qu’un animal possède des capacités que l’IA ne possède pas. La sensibilité.

    J’avais autrefois un chien à la maison — un croisement entre un Doberman et une autre race — mais c’était un animal magnifique : d’un noir lustré et doté d’un corps assez longiligne. Je nourrissais ce chien exactement comme je me nourrissais moi-même ; Plus précisément, j’ai interdit à quiconque de lui donner de la nourriture à base de viande. Mon guide spirituel m’avait enseigné ceci : « Tu n’as aucun droit de contraindre tes parents, tes amis ou quiconque d’autre à s’abstenir de manger de la viande, car ils possèdent les facultés de discernement et de jugement.
    En revanche, ton chien relève de ta responsabilité directe ; tu n’as donc aucun droit de le nourrir de viande ou de tout autre produit d’origine animale. » Et, de fait, le chien devint végétarien, adoptant exactement le même régime alimentaire que le mien.
    Et tous les membres du foyer respectèrent mes prérogatives.

    Cela dit, s’il arrivait qu’un rat 🐀 ou un poulet 🐓 croise son chemin, l’affaire tournait mal pour eux ; on ne voyait plus alors que la queue du rat ou les plumes du poulet. Cela démontre simplement qu’un animal est doté d’instincts animaux — instincts qui demeureront assurément inchangés jusqu’à une vie future, où ils pourraient être transformés par la force de notre exemple positif. Tous comme pour nos parents qui parleront du bien de nous qu’après notre départ.

    Je ne saurais dire si c’était la conséquence directe de ce traitement, mais ce chien développa une sensibilité telle qu’elle me laissa croire qu’il était la réincarnation d’un musicien.

    Pour reprendre une expression de mon ami Émile Volel : J’aimais jouer de l’harmonica, et à chaque fois, ce chien poussait des hurlements comme s’il chantait une chanson, ma femme me disait alors : « Oh, ne joue pas de cet instrument ! Tu fais souffrir le chien ! » — ignorant que sa c’était en réalité une manifestation de joie ; qu’il était, en fait, un « chien-musicien » dont l’âme même vibrait au son de l’harmonica.
    Pour comprendre le problème
    d’Émile, je tentai un jour une expérience : je jouai ces mêmes morceaux — cette fois en utilisant la fonction « harmonica » de mon clavier électronique — tout en étant assis juste à côté du chien. Il ne manifesta absolument aucune réaction — rien de comparable à la réponse qu’il donnait face à l’harmonica véritable. Mais dès l’instant où je repris la « simple » harmonica en main, il se mit immédiatement à « chanter ».

    Un jour, alors que j’étais à mon travail , je racontai cette anecdote au personnel, mais ils refusaient tout simplement de me croire.
    Je demandai donc à ma fille d’aller jouer de l’harmonica pour le chien ; celui-ci se mit aussitôt à « chanter » — poussant un hurlement doux et léger — et les membres du personnel furent ravis de constater que je leur avais dit la vérité.
    Tout cela démontre que, même si l’on tente de refouler sa véritable nature, celle-ci finit toujours par revenir au galop.

    Pour nous consoler, disons-nous que l’intelligence artificielle ne pourra jamais véritablement remplacer les humains ; elle est dépourvue de sentiments — ce n’est rien d’autre qu’un robot 🤖. Quoi qu’il en soit, donnons une immense salve d’applaudissements pour nous les hommes ! 👏 👏 👏.

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